au jardin - 3/7

Mézin ( F-47)


la chronologie m'importe
peu un peu avant ou un
peu plus tard ils se sont
installés sur le banc Le jour

gris n'en fait que plus blanche
la page pourtant tracée Qui
en est l'auteur ? La lecture
était sincère mais la photo

posée - sur une autre page
qu'il faudrait écrire Quel-
ques semaines après quel
qu'un d'autre un auteur

 prendra la place du lecteur
le cercle aura disparu sous
des tas d'oreilles & de bou-
ches bées Je n'y suis pas allé

au jardin - 2/7

en mai



l’illusionniste fier d'é-
tonnants talents
d' hypnose disait
qu'il traçait au 

sol un cercle
puis y mettait une
poule Ainsi empri-
sonnée après quelques mots

quelques regards
l'oiseau tombait en-
dormi Tellement
que les applaudisse-

ments pourtant nourris
la laissaient inerte
J'ignore quelle main ou quelle
voix me prit

au jardin -1/7

pour Marianne,
Mézin (fF-47)
, en mai

Lubitel 2
HP4, R09 1+100, 60 min.

(lundi)
après l'un
de juin car
je vais écrire

je ne suis pas venu
la parole s' est parjurée
le plaisir ennivrant
des fleurs

pourquoi ni comment
réduit au simple
apparat en plastique
sur un marbre

je suis sans
pourquoi ni comment
à bout de mon bout
de souffle

mise au point


Olympus XA
Foma 400, R09 1:50

je n'aime pas les images
ne sont ni chaudes ni froides
ni lisses ni
abrasives ni vraies
ni pas vraies ne
sont rien sans personne elles
n'ont d'yeux ni
d'oreilles ni la bouche
mais quand nous tairons-nous ?



Rauchen kann tödlich sein
la proposition est valide
elles m'ennuient les images
qui mentent en vérité
Que nul n'entre ici
s'il n'est géomètre
je tolère les poètes
mais toutes les âmes sensibles
& les phraseurs psychologiques
seront écartés



et ne pas fumer
aussi 
la proposition est valide
aussi
la seule beauté d'une photo
est ce qu'il reste du geste
sur un bout de papier
que quelqu'un
peut ne pas regarder

comment le dire ?

pour A.
 
Lubitel 2 Foma 100
R09 1:100,semi-stand dév.
mai 2015

Ce n'était pas un jeu
il me reste
toutes les cartes

Nous imaginerons
une nouvelle géographie
du temps de mars ou d'avril
quand le frais de la saison
n'effrayait
pourtant ni les corps
ni les silences
Encore
les mots étaient trop bruyant
c'est possible

Mais aujourd'hui
c'est ce taire qui pousse
mes cris

nos derniers regards ?

pour elles,

 Nikon FG, Foma 400
oct. 2015

liquide
douleur
qu'une ligne de paume
hurlait
sans qu'on le sache

perdre n'est pas
toujours
conjugué au passé

te souviendras-tu
encore
de moi
quand tes rires
recommenceront ?



la maison d'été

Sirène 135 ( juillet 2015)
(Foma 100 9x12, ie 80
R 09 1+100, 60 minutes)


c'était une ferme
il y a deux cents ans
ou plus ou moins
une "cousine" y vivait
avec une vache & quelques poules
sans terre mais ce toit
On dit elle sortait sa vache
tous les jours
au bord des chemins
au bout d'un bout
de corde

c' est depuis la maison estivale
de la famille
avec la pierre qui sent le vieux
& des fantômes qu'on peine
à oublier