une question de bonheur



je lui ai demandé d'attendre
attendre là
immobile
que le soleil se place

elle avait froid elle a toujours
froid
mais il y aura le soleil
j'ai promis

à peine la photo fut prise
je suis reparti
elle m'a rejoint très peu plus tard
encore tremblante

cela



parfois cela demande longtemps
parfois un instant

cela
je ne dirai pas ce que c'est

si j'en connais le vrai mot
je ne sais rien de sa réalité

mais quand je t'ai donné ces roses
tu as empoigné les épines

c'est un autre cela comme je ne voulais pas
entre nous du sang

& mille accidents sans gravité
qui auront maquillé l'histoire

peut-être ce n'était même pas
cela

de l'autre côté




dans les années 80
il n'y avait pas les panneaux de basket
il n'y avait pas les buts
il n'y avait pas la rampe inclinée qui mène à la grande porte
il y avait la même grille

je n'aimais pas l'école

je n'aimais pas le lieu

je n'aimais pas le temps

ce que j'ai vu il y a quelques semaines
présente ce que j'y ai vécu de longues années
cet ennui assorti de la torture de l'enfermement

je n'aime pas les cages
de quelque côté que je m'y trouve
j'y suis enfermé

la beauté





âgée
la beauté n'est pas moins belle
si

ce n'est du regard
mes
mains te le diront

je
laisserai brûler l'ampoule
& mes yeux quand

tu
dormiras sous mes yeux
viendront des larmes



fin décembre




sans doute le vent
des nuages
quelque pluie

il venait vers moi

( j'ai pris sur la droite
sans me retourner )

le vent
les nuages
la pluie

" au lecteur "



dans la mienne
ta main
glacée froide fleur
de l'image

tu n'aimes personne
comme
tu es aimée

les papillons
n'ont que faire
de leur beauté
mais ils meurent
pour la lumière

un autre lendemain
comme ici
dans un même miroir

sans avoir su
dans ses yeux
nos yeux se
fermeront


après



Monsieur le Maire de C**
est un vieil homme
quand il marche
on entend comme un frôlement
suivi du bruit franc de sa canne
un homme à poigne sans doute
la main est plus ferme
que les jambes


Monsieur le Maire de C**
désespère de la politique
il ne l'a pas dit
il (se) demandait
Connaîtrez-vous des temps apaisés ?
il sentait dans les beaux discours
le même inutile que bien du sang


Non par ce qui a été fait
mais parce que rien ne change
Sans doute il portait plus la soutane
que l'écharpe tricolore
sans la joie
sans espoir
ce jour


( au-dessus de nous tournait le dernier avion militaire d' Airbus, des enfants on lu quelques passages illustrés & sanguinolents d'un livre de boucherie, les enfants ont accusé, C'est la faute des politiques ont-ils dit, & ils même répété, des enfants bien dociles en rang avec une fleur épineuse & blanche en guise de fusil
une profonde tristesse m'envahit
la solution était si simple, simple accusation; pas la folie des hommes, non les politiques; pas la responsabilité d'un peuple souverain, non les politiques
braves petits soldats...)