Le disparu




 la disparition


Demain, tu rentreras chez toi. Pas trop tôt ! Bien sûr, tu préfèrerais laisser dans la chambre 207 cette longue maladie qui, tu le sais bien, finira par avoir ta peau...
En attendant, ton sac est fait, posé près de la porte. Tu te sens comme à la veille d'un grand départ en voyage dans un pays inconnu dont tu ne parlerais pas la langue. Tu n'as pas l'impression de rentrer chez toi, dans un endroit familier qui t'a hébergé durant des lustres, toi, tes amours, te emmerdes, tes rêves et ta maladie aussi. Tu as peur d'être sans repères dans ton appartement. Vas-tu retrouver tes partitions de musique ? Ta mémoire aura-t-elle conservé l'emplacement de ta boite à chaussures conservant les photos de ton enfance en Algérie ? Sauras-tu mettre la main sur le tire-bouchon ? Tu ne veux pas voir ton visage amaigri dans le miroir, ton corps qui ne porte plus que le souvenir ancien de ce qu'il a été, cette musculature qui a presque totalement fondu. Tu refuses de voir ce que tu es devenu. Tu refuses de voir qu'une grande part de toi a déjà disparu. C'est avec un vif plaisir que j'accueille dans le cadre des Vases Communicants le texte de Marianne Desroziers. Ma contribution est hébergée dans les pages de son blog Marianne Desroziers , où vous découvrirez aussi son actualité, ses lectures, ses critiques etc.


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